Quelques idées avant le stage

« La tradition, c’est la transmission du feu, non la vénération des cendres »

Gustav Malher

Des livres qui nous ont fait vibrer :

  • Le clown Arletti, 20 ans de ravissement – Françoise Cervantès, Catherine Germain – Magellan & Cie – Editions Maison
  • Le sourire au pieds de l’échelle – Henry Miller – Editions Corrée 1953
  • Trois clowns légendaires, les Fratellini – Michel Serrault, Pierre Robert Levy – Edition Actes Sud
  • Les tableaux de Gabriel Loire – Recueil Mon Clown, dans la découverte du miroir.

Actuellement, au niveau travail, nous nous référons souvent à :

  • La diagonale du clown, en compagnie du Bataclown – Jean Bernard Bonange
  • L’Harmattan – Bertil Sylvander

Et aussi, l’extrait ci-dessous découvert et partagé pendant nos formations à la Catho Toulouse

  • Notes de Jean Sullivan – La lance aiguë de l’impatient amour

Le Dieu pervers de Maurice Bellet Desclée De Brouwer. Connivence

Seule la foi peut dire la foi. Seul l’amour peut parler de l’amour. C’est vrai. Mais la qualité est tout. Si au lieu de tant chercher à produire des mots, des idées et des sentiments dans un brouillard de croyances, les églises avaient visé la rigueur dans l’adhésion intime, moins servi la complaisance primaire, elles eussent crée un nouvel espace pour la foi. Seuls l’amour et la foi vécus dans la transparence (une certaine transparence) suscitent la foi et l’amour en les rendant crédibles.
La logique de la foi chrétienne est d’être sans cesse alertée contre ce qu’il y a de factice et de faux dans les adhésions de ses dèles. Sinon elle se fait de faux ennemis contre lesquels elle s’épuise au lieu d’orienter toute sa puissance spirituelle vers ses vrais ennemis. C’est de l’intérieur de la foi qu’il eut fallu répondre à Nietzche et Freud.
«Aller à l’incroyant!» quelle impudence. Analyser ses pensés, trouver les failles et les arguments! Evangéliser notre propre incroyance, réduire l’écart entre les idées, les mots de la foi, de l’amour, et d’autre part le corps réel de notre vie: voilà ce qui importe d’abord.Tout se passe comme si l’on nous avait fait une âme standard dans la cage du corps des mots qui nous dispenseraient du relais intérieur et singulier, sans que nous puissions nous apercevoir, portés que nous sommes par un milieu, acagnardés par des mentalités, justiés par l’enseignement de l’articialité de notre manière d’être et de parler. C’est pourquoi le ton, malgré la sincérité n’est pas juste. Trop de peurs refoulées, de crispations, dans l’armation tranquille comme dans l’exaltation, qui retiennent, séparent en parlant de communion; trop de fraternités irrespirables. Un volontarisme masqué par le mot grâce, une surcompensation au malheur intime. Si bien que foi et amour, au lieu d’être croissance vitale, écoute, irradiation spontanée, ne semblent viser qu’à dompter par la douceur ou par la violence ceux sur qui on a le pouvoir, et apparaissent comme une fabrication à la fois sincère et menteuse. Les fruits en sont la passivité, l’indiérence ou la révolte qui conduit à un nouvel enfermement.
En cherchant moins la transformation intérieure des individus, parce qu’on veut penser qu’elle va de soi, que la quantité des dèles que l’on veut retenir ou gagner, on ne tend qu’à les courber sous un projet, des pensées toutes faites, des réexes appris, sans craindre de les arracher à eux mêmes. D’où une telle absence de croyants. Paralysé par tant d’échafaudages psychosociologiques, ils ne sont plus qu’une doublure de l’homme de foi, qui détient une vérité pour les autres.
Qui est trop convaincu est suspect. Quelque chose de tout autre se dit à travers les armations. Sa langue est fripée. Une vérité transmise dans une langue morte est pire que l’erreur. Car l’erreur peut réveiller.
Entre la parole qui est appel et celui qui l’écoute et la transmet, il est nécessaire qu’il y ait connivence. Si elle est sans racine en dedans, ou bien elle laisse indiérent ou bien elle soumet ceux qui ne la reçoivent qu’à cause de son prestige ou de sa puissance. Jamais elle ne peut sans dommage être accueillie comme pure injonction du dehors. Elle s’inscrit en quelqu’un qui est sur le chemin. Elle s’ouvre un passage en blessant, en guérissant, elle pousse comme une graine,devient révélation de ce qui est déjà là. Sinon, elle ne fait qu’occulter un malheur qui ne cesse de se dire à travers les mots de l’amour et de la joie même.
Toute vérité qui ne traverse pas le sensible et ne respire pas avec nous dans notre précarité de créature, renforce la carapace. Que le symbole cesse de jouer qui dit l’accord de la foi, et de l’amour, de la vie: les mots qui ne sont plus que des signes perdent leur charge poétique, c’est à dire d’action qui branche sur l’invisible. Les mots tiennent alors la place de l’absolu. Quand les disciples veulent faire de Jésus un idole, il monte à Jérusalem. Le langage chrétien qui oublie de passer par la croix et la dérision de l’expérience singulière, ne ressuscite pas.
Il y a en Bellet un Nietzche chrétien. Il sait tout ce que sait Nietzche et quelque chose de plus, presque rien qui change le sens de presque tout.
Il est de la race des écrivains prophètes …. il entre par la grande porte de l’écriture symbolique… une circulation joyeuse des mots s’effectue entre la conscience et le monde. Le son et le ton disent une ardeur et entraînent en invitant à faire en soi son propre parcours pour parvenir à ce qui est déjà là.
Ici ce ne sont pas les «professions de foi» qui donnent le sens, mais l’intrépidité qui dit une passion: ne perdez pas de temps à discuter, regimber, écoutez en vous la voix qui vous dit de vous mettre en marche. «Toujours et plus frappe sur ce nuage d’inconnaissance, lequel est entre toi et ton Dieu, avec la lance aigüe de l’impatient amour» ainsi qu’il est dit dans le précieux livre qui semble familier à l’auteur du «Dieu pervers»

  • Le nuage d’inconnaissance – Seuil

Et aussi… à lire sans modération…

  • Retour à l’émerveillement – Bertrand Vergely

« Notre devoir le plus impérieux est peut-être de ne jamais lâcher le l de la Merveille. Grâce à lui, je sortirai vivante du plu, sombre des labyrinthes. »
À partir de cette magnique formule de Christiane Singer, qui fut son amie, Bertrand Vergely aborde un sujet non seulement essentiel, mais indispensable à l’équilibre de chaque être humain la faculté de s’émerveiller, encore et toujours, envers et contre tout. Car celui qui s’émerveille n’est pas indifférent, mais ouvert au monde, à l’humanité, à l’existence. Bertrand Vergely enracine sa grande culture et son savoir clans une véritable philosophie du vécu. Un ouvrage plein d’énergie, profond et libérateur.

  • Carnet de voyage des clowns bibliques